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Le 28 juillet, à 20h48min, en compagnie d'Amélie et de 3 autre cyclotouristes, j'ai atteint le bout de la route, atteignant le point le plus au Nord de l'Europe: le Cap Nord. Nous avons démarré la journée sous une pluie fine, peu motivante. Mais après quelques kilomètres, nous avons retrouvé une amie cycliste québécoise rencontré auparavant. Nous avons ainsi roulé à 3, nous relayons de temps en temps pour s'économiser. En cours de journée, les nuages ont finit par se déchirer, laissant apparaître des morceaux de ciel bleu. Quelques heures après il ne restait que quelques nuages résiduels et le Soleil nous chauffait les mollets.
Nous avons atteint l'île du Nordkapp: Mageroya en empruntant un « superbe » tunnel de 7 km sous la mer: 8% de descente d'un coté et 8% de montée de l'autre. Après cette descente aux ténèbres, nous pensions que les  difficultés étaient terminées mais le plus dur était à venir.
Une forte montée nous a assommé à 25km de notre but puis, sans cesse des montées et descentes (Up an Down) comme le relief norvégien sait si bien nous offrir. Dans une descente, nous avons retrouvé des cyclovoyageur Danois qui nous ont accompagné jusqu'au bout de la route. Ainsi après 7h30 de vélo, un léger vent dans le dos et un magnifique Soleil, nous avons foulé la terre du Cap Nord.
Après un repas bien mérité, à 5 dans notre tente, nous avons observé avec délice le couché du Soleil à l'horizon. Je devrais plutôt parler de descente sur l'océan Arctique car le Soleil n'a jamais disparu ! Un lumière rouge, dorée nous a envahi pendant quelques heures donnant aux rochers du Cap Nord un aspect magique, quasi iréel. La lumière rasante s'est fondue dans l'océan et les ombres de la côte déchiqueté du Cap nous ont offert un spectacle saisissant. Nous étions comblés.
Nous avons fini par nous coucher à 2h sous une lumière inépuisable et un vent tempétueux. Nos tentes étaient secouées dans tous les sens. Plus d'une fois nous avons cru que le vent arrachait nos piquets et nous précipitait dans les air. Au petit matin, la brume s'était installée et le magnifique paysage que nous avions vu était désormais envahi de brouillard.
Le vent, toujours présent, nous a donné du fil à retordre pour plier notre tente puis nous somme parti, cette fois-ci dans l'autre sens. Le vent et la météo nous ont fait souffrir sur ces quelques kilomètres. Nous avons fini par semer le vent et trouver une auberge de jeunnesse où une bonne douche nous a fait le plus grand bien !

Désormais, le bout de la route est atteint et les prochains kilomètres me rapprocheront de la France. Ma conquête au nord de l'Europe a atteint son but mais elle ne se termine pas pour autant. Mon retour s'annonce encore très palpitant et particulièrement varié.

J'ai découvert, grâce à ce voyage, tant de paysage, partagé des émotions, des sensations, rencontré des personnages si différents et intéressants. Mais j'ai surtout appris beaucoup sur moi même. La connaissance de soit ne se fait pas en une seule journée, c'est une réflexion qui chaque jour évolue un peu plus, qui ouvre des portes et nous permet de s'éveiller et de découvrir toute la beautée et le bonheur qui nous entoure.