21 août 2009

A fond les ballons

Mon jour de repos à Rovaniemi était bien mérité. J'ai pu me recharger et être prêt pour affronter de nouvelles étapes. Je quitte la ville sous une forte averse qui m'oblige à m'arrêter et revêtir ma combinaison amphibie... Puis une pluie fine m'accompagne sur la route. Les nuages se déplacent à une allure folle. J'atteins la ville de Kemi, en bord de mer, où je décide de m'arrêter pour la nuit. Le temps s'est amélioré et quelques belles journées s'annoncent.

Les paysages sont désormais moins monotones. J'ai choisi d'opter pour des routes secondaires à faible trafic. J'ai fait le bon choix car certain jours je ne croiserais qu'une dizaine de voitures. Désormais les forêts laissent souvent place à des champs de culture de céréales. Des vieilles maisons en bois qui ont souffert des vents violents et des rudes hivers penchent dangereusement d'un côté. Le jour traverse les murs par endroits. La lumière met en valeur ces paysages que je traverse. C'est magnifique.

Après plusieurs jour de vélo, j'atteins la vile de Jyväskylä où j'envisage de passer la nuit. Malheureusement, le camping est fermé et trop fatigué pour continuer, je m'abandonne à un hôtel bien douillet. Je retrouve le plaisir de dormir dans des draps et d'avoir une vraie serviette ! Le confort se mérite.

Le lendemain, après m'être rassasié au buffet petit déjeuner, j'enfourche le vélo, direction le sud. Un temps grisonnant se présente à moi et il ne suffit que de quelques minutes pour que la pluie tombe sur le pays. Équipé en conséquence, je poursuis ma progression cherchant les indications d'itinéraires cyclables qui souvent sont effacés par le temps. Je finis par prendre une route en terre battue qui pendant 6 km rend ma progression difficile. Persuadé de retrouver une route plus importante, je continue tête baissée sur ce chemin qui se transforme bientôt en terrain glissant à cause de la pluie. Finalement, la route se termine sur un cul-de-sac. Dépité par les conditions, je fais demi-tour bien décidé à rejoindre la ville, sauter dans un train, atteindre Helsinki et en finir avec la Finlande. Après mes 12km inutile, je finit par me remotiver et reprend la route bitumé cette fois-ci. J'atteindrai l'étape en fin d'après midi. La pluie n'aura cessé de s'infiltrer dans mes vêlements. J'arrive au camping trempé mais heureux d'avoir continué.

2 jours me suffisent pour atteindre Helsinki. C'est un réel soulagement de trouver la capitale. Il y a quelques jours, je me battais dans le Nord contre les moustiques et les forêts. Désormais, je suis en bord de mer et profite de ces quelques jours pour découvrir la ville.

 

La Finlande m'aura prouvé qu'avec de la détermination on peut toujours s'en sortir. Plus d'une fois, j'ai pensé aux trains, aux bus pour progresser dans ce territoire monotone. Je n'ai fait que pédaler pendant ces quelques jours et c'est avec rapidité que j'ai dévoré la Finlande. Alors qu'il m'aura fallut près de deux mois pour traverser la Norvège. 12 jours m'auront suffit pour avaler les kilomètres finlandais. La bicyclette peut devenir un moyen de transport particulièrement rapide lorsque le besoin s'en fait sentir !

Posté par wanderer74 à 09:24 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]


10 août 2009

Finlande

Au sec, j'écoute la pluie qui vient frapper la tente. Elle me berce, me relaxe, me détend. J'en ai fortement besoin car ces quelques jours en Finlande m'ont bien découragé.

Amélie a repris l'avion il y a 4 jours en Norvège. J'ai du faire face à la solitude qui m'a donné une grande claque deriière la tête. Quelques moments de réflexion en regardant l'avion s'envoler et ramener Lily et son vélo en France en quelques heures... Et moi, plusieurs mois me seront nécessaires pour en faire autant.
J'ai enfourché le vélo et roulé jusqu'à n'en plus pouvoir. Ma tête ne réfléchit plus, j'observe ce paysage qui se transforme mais mon esprit est ailleurs. Déjà en France je crois.

Je passe la frontière Finlandaise et quitte cette chère Norvège qui m'a accueillie pendant plus de 2 mois. La route ne cesse de monter/descendre, à n'en plus finir. Je passe une journée sur les montagnes russes qui au sommet ne me laisse apercevoir que de la forêt... Des kilomètres de forêt se profilent devant moi. J'atteint une aire au bord de la route. Je suis usé, j'ai roulé sans m'arrêter mais j'en avais besoin. Je plante la tente en me battant dérocement contre les moustiques qui ne me lachent pas. Sous la tente, je suis protégé. Je mange et m'endors en pleine forêt.

Pendant 3 jours, les même paysages ont défilé devant mes yeux. De grandes lignes droites de 6km et de chaque coté de la forêt. Aucune visibilité, seulement des arbres grands, petits, biscornus, cassés, malades... Je deviens fou avec ce paysage, j'ai l'impression de ne pas progresser. Pourtant le compteur tourne, il n'a jamais été aussi vite, je m'emplois à fournir la même énergie pour ne pas perdre de vitesse et sortir de ce paysage de folie. J'ai fini par trouver une parade. Mp3 dans les oreilles, j'écoute cette musique qui m'évite de réfléchir. J'ai baissé la tête et mes yeux suivent la ligne blanche devant ma roue. Ainsi, je peux progresser plusieurs heures sans voir cette forêt infinie...

J'ai atteint Rovaniemi et j'ai passé une journée pour me reposer. Desormais, ma route s'emploie à atteindre Helsinki dans une semaine. Par la suite je pourrais rejoindre la Suède et Stockolhm et non les pays Baltes comme je l'avais laissé envisagé au début de mon périple. L'itinéraire s'est modifié mais le voyage ne change pas pour autant...

J'ai appris que la forêt poursuivait sa route à mes côtés, les piles de mon MP3 sont à bloc, Pearl Jam, Neil Young, Ben Harper... vont m'accompagner pendant ces ténébreux kilomètres !!

 

Posté par wanderer74 à 15:13 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
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