A la Conquête du Cap Nord

07 septembre 2011

7 mois en vidéo

Voici enfin la vidéo tant promise à beaucoup de monde.

Bon visionnage :)

 

Désolé je n'ai pas réussi à la centrer. Le mieux est encore d'aller la voir directement sur Viméo:  http://vimeo.com/28412596

 

 

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01 novembre 2009

Certain font des rêves toute leur vie, d’autres les réalisent !

Je reprends pied, doucement dans un monde différent du mien. Mes roues se sont arrêtées de tourner depuis bientôt 3 semaines mais ma tête m'emmène encore dans le lointain, près du vent qui m'a fait tant souffrir, près des vagues, de l'océan gigantesque : véritable infini, près de ces reliefs rocheux : côtes déchirées, fjords majestueux qui me laissaient les yeux rêveurs, en pleine extase... Je voyage malgré ma sédentarité pesante. Je continue mon aventure intérieure, celle qui m'a toujours animée pendant ces 6 mois.

J'ai découvert la liberté, celle à laquelle on ne croit plus lorsqu'on est prisonnier d'un système réglé, calibré, ajusté. Cette sensation qui un bout jour s'est révélée et m'a envahit. J'ai dès ce moment compris que les règles n'existaient plus, que le temps était mon ami et l'horizon mon avenir. Ces secondes qui passaient je ne les devais à personnes, c'étaient les miennes. J'étais maitre du temps, maitre de mon temps...

J'ai alors pris ma place dans le voyage. Je me suis laissé entrainer par mes envies, guidé par mes pulsions qui m'emmenaient vers l'inconnu. Celui dont nous ne connaissons rien mais qui peut se révéler si riche. Rien ne nous pousse normalement à nous lancer dans cet inconnu, nous en avons peur, nous le fuyons, notre vie que nous avons construite nous rassure, nos barrières que nous tenons fermées nous protègent... J'ai brisé mes chaines et suis parti rencontrer cet inconnu que l'on redoute. J'ai plongé tête en avant vers un monde que certain évite. J'ai pris confiance en moi, en mes décisions, en mon instinct et j'ai évolué ainsi pendant ces mois. Mon corps s'est adapté, mes yeux se sont ouverts et mon esprit s'est éveillé. Je me suis découvert. Mon esprit vagabondait sans cesse et j'ai profité de la vie comme jamais je ne l'avais fait.

Chaque jour était nouveau, l'habitude ne s'y mêlait plus. Libre de mes mouvements, de mes envies, j'ai évolué comme je le voulais, en profitant de chaque moment même des plus durs, de ceux qui m'ont fait souffrir. Car le voyage est un tout. Toutes les émotions, les rencontres, les efforts font le voyage.

Je me revois encore rêver de voyager à vélo il y a quelques temps. M’imaginer quitter les personnes et les lieux que j’aime et découvrir un terrain nouveau. J’ai longtemps hésité à partir parce que je pensais que ma vie ne s’y prêtait pas, que j’étais bien dans ma routine. Puis le projet a muri, tout au fond de moi, je me suis senti prêt. Quitter ma vie pour me lancer vers l’inconnu, certain m’y ont aidé d’autres ne m’ont simplement jamais compris. Peu m’importe, je suis parti, j’ai vécu un rêve, mon rêve et Jamais je ne le regretterai.

Désormais je redécouvre ma vie avec un nouveau regard, plus posé, plus attentif. J’ai appris à suivre mon instinct et c’est souvent lui qui m’a mené vers des rencontres, des paysages, des émotions particulières qui ont animé mon voyage. Jamais je n’avais eu conscience de cette force que nous possédons naturellement, désormais je ne veux plus la perdre.

Certain me prendront peut être pour un fou, me diront qu’il faut que je remette les pieds sur terre et que le rêve ne peut pas continuer éternellement. Je leur répondrais simplement que chacun profite de sa vie comme il l’entend, arrêtons nous de fuir et découvrons qui nous sommes…

 

Le voyage est une formidable expérience mais l’aventure est d’abord intérieure. J’ai parcouru 12 000km en poussant sur des pédales mais ce n’est rien face à la distance que mon esprit a parcouru.

Tous ces kilomètres restent impossible à mes yeux pourtant avec une conviction et de la détermination, je pense que chacun peut y parvenir. Le vélo reste un superbe engin pour voyager et je ne compte pas le laisser au fond de mon garage.

 

J’espère vous avoir fait rêver à votre tour pendant cette aventure et je remercie chaque personne pour m’avoir suivi, encouragé et accompagné tout au long du voyage. Pour tout ceux qui souhaitent en connaître d’avantage, je leur répondrais avec plaisir par mail : lionel.rossetto@gmail.com

 

Ouvrez votre cœur, écoutez vous, ne fuyez pas vos envies.

Il n’y a pas de bon ou de mauvais moment pour réaliser ses rêves, ayez simplement confiance en vous !

 

Certain font des rêves toute leur vie, d’autres les réalisent !

 

 

A bientôt à vélo…

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19 octobre 2009

Home Sweet Home !

Assis sur une chaise, au chaud, le regard absorbé par les sommets du massif du Mont blanc lorsque ma tête se relève, je m'engage pour partager une nouvelle fois ces kilomètres laborieux dans les Alpes.

Au pied du col mythique du tour d'Italie (le Giro), j'ai récupéré l'énergie nécaisse pour m'engager dans cette dernière partie alpine. Au matin, l'air est frais, le Soleil pointe le bout de son nez et quelques rayons parviennent jusqu'à ma tente. Les rayons font briller la rosée présente dans l'herbe et aucun nuage ne semblent perturber ce ciel limpide.

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Aujourd'hui je sais que mon corps va souffrir, mes jambes vont me supplier d'arrêter et ma tête sera ailleurs, perdu dans les sommets alpins qui se dressent autour de moi. Je m'engage sur cette route et après quelques kilomètre un compagnon cycliste me rejoint. Nous discutons et décidons de monter ensemble. J'aperçois le premier virage numéro 48... cela me laisse reveur. Le montée s'engage et nous avalons les virages en prenant un certain plaisir à regarder les chiffres qui diminuent, nous rapprochant du sommet. Pitt, équipé de son VTT sans sacoche, avance un peu plus vite que moi mais prend le temps de m'attendre et nous progressons ainsi, à vitesse constante pendant la montée. Les derniers virages s'enchaînent et je vois apparaître le sommet du col. L'odeur des paninis et des saucisses qui cuisent au bord de la route me donnent l'eau à la bouche mais avant de me restaurer, je franchis les derniers mètres qui me séparent du panneau du col et crie ma rage et ma victoire. Mes jambes ont tenu, la tête était forte et le paysage exceptionnel. Je suis si heureux d'avoir monté ces 1800m de dénivelé et vraiment surpris d'y être arrivé. Je quitte Pitt qui s'en va un peu plus haut faire une descente en VTT et je poursuit ma route en descente cette fois-ci. Je me restaure et m'engage dans le second col: passo di Foscagno. La montée est régulière et les kilomètres défilent jusqu'au derniers virages qui me demandent de puiser dans mes réserves. Je sens que mes jambes ont donné ce qu'elles avaient, désormais c'est tout le corps qui subit. Au sommet, je passe une frontière pour rester en Italie mais atteindre Livigno, petite ville où tout est détaxée. Un dernier col (passo d'Eira) me demandera un ultime effort pour trouver une endroit où dormir.

Au lendemain, le ciel se voile, mais je continue mon enchainement alpin. C'est en premier le passo di Foscola di Livigno que j'avale en petit déjeuner puis j'enchaine en atteignant le col de la Bernina. Le brouillard épais m'enveloppe et je commence à claquer des dents. Je tremblote et m'habille en vitesse pour m'engager dans la descente. Entre deux virages, la couverture nuageuse se déchirent et le pic Bernina, sommet de 4000m tant désiré par de nombreux alpinistes, apparaît. Amoureux de la montagne, je contemple cette face inhospitalière parsemé de roche, glace. Une légère couche neigeuse saupoudre le tout, je reste un moment, fasciné.

Désormais, je suis en Suisse et m'attaque à un dernier col l'Albulapass pour terminer ma journée. Je croise quelques cyclo-voyageur car la route que j'emprunte est un itinéraire balisé pour des randonnées à vélo.

Le lendemain, le temps est instable et la route humide par les averses nocturnes. Je m'engage dans cette vallée des Grisons qui m'amène jusqu'à une première difficulté l'Oberalppass. Je rattrape un jeune de 14 ans lancé à l'assault de ce très beau col. Il s'accroche et nous progressons ainsi jusqu'au sommet. Nous parlons un moment puis m'engage dans la descente de l'autre coté sous une pluie torrentielle. Je n'ai pas eu le temps de sortir mes habits imperméables et je suis completement trempé. Il fait froid mais heureusement l'averse est localisé sur le sommet du col et dès les premiers virages en descente, sèche avec le vent et la vitesse. J'arrive en bas frigorifié... J'atteint le pied de mon second col de la journée: le Furkapass. La Suisse possède un réseau de train qui permet de placer les voitures, camions, bus sur les trains afin de traverser ces cols alpins. Du coup, la route est très agréable et il y a très peu de circulation. Cependant le temps devient très mauvais et la pluie me suivra pendant les 5 derniers kilomètres. La descente est interminable. Armée de moufle, cagoule, surpantalon et veste, je combat le froid alpins qui me transperse. Mes mains raidies par le froid restent agrippées au freins. De l'eau s'infiltre dans mes vetements, tout mon corps se tort et tremble de froid. J'atteint finalement un petit hameau où je trouve une auberge pour me réchauffer sous une bonne douche.

Ensuite, J'ai progressé dans cette Suisse Valaisanne sous un temps plutot triste atteignant Martigny. Puis, le lendemain matin, j'ai attaqué mon dernier grand col de la Forclaz. Le Soleil pointait le bout de son nez et chaufffait les vignes présentes sur les pentes de la vallée. Les souvenirs de cette montée que régulièrement je venais affronter en vélo de route me reviennent en tête. Puis je retrouve enfin la frontière française après plus de 6 mois d'aventure cycliste. Je m'arrête, descend du vélo et contemple ce drapeau qui flotte au sommet. La France s'ouvre devant mes yeux. Je suis submergé par la joie de toucher le territoire français.

Encore quelques kilomètres en Haute Savoie et quelques cols à franchir puis j'atteint Chambéry accompagné de Robin, qui était parti quelques jours avec moi au début de l'aventure. La place des Éléphants (lieu de mon départ) apparaît. Je frissonne, et dans ma tête, défilent les images de mon départ. La boucle est bouclée. Je n'imagine toujours pas avoir fait tout ce chemin à vélo, cela reste quelque chose d'impossible à mes yeux. Pourtant j'ai tant d'images en tête, tant d'émotion.. Mon départ semblait être il y a quelques semaines mais l'aventure que j'ai vécu, si riche, semble avoir durée pendant plusieurs années...

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06 octobre 2009

Face à Face avec les Alpes !


Je suis reparti de Prague comme prévu, direction l'Autriche. J'ai décidé au dernier moment de ne pas aller jusqu'à Vienne. J'ai envie de rouler et de ne pas m'arrêter à nouveau dans une grande ville. Je fais une overdose de tourisme et puis j'aurais largement le temps d'y revenir une autre fois afin de profiter autrement de la ville. J'ai donc passé la frontière autrichienne vers Linz et atteint l'autoroute cyclable du Danube pour atteindre Passau. Il y a de chaque côté du Danube une piste cyclable particulièrement plate qui permet de progresser rapidement. A certain endroit, la piste cyclable est interrompue mais des ferry permettent d'effectuer la liaison vers l'autre rive. Seulement, certain ferrys sont en fonctionnement uniquement en été. C'est ainsi que bien heureux de trouver ma piste cyclable, je n'ai pas étudié assez précisement la carte en allemand (langue que je ne connais pas) et je me suis retrouvé en bout de piste... Un petit chemin terreux et caillouteux continuait vers un site d'escalade. Je demande ma route et on m'indique que le chemin continue, je peux l'emprunter pour retrouver la piste cyclable. C'est parti. Le chemin plat au début devient très raide en montée comme en descente, peu large et en dehors de l'itinéraire, les pentes sont très raides et se terminent directement dans le fleuve. Je pousse, je tire en faisant attention à ne pas mettre un pied de travers et finir dans l'eau 40 mètres plus bas. J'hésite plusieurs fois à faire demi-tour mais têtu comme je suis, je me dis que le chemin ne doit pas être si long... J'arrive à un passage infranchissable, même en y mettant toute mes forces, ça ne passe plus. De gros cailloux m'empèchent d'avancer. Je décide alors d'enlever mes sacoches arrière et d'effetuer deux aller-retour pour récupérer le matériel. Je décroche délicatement mes bagages tout en essayant de ne pas glisser. Je les pose contre le sentier, près d'un cailloux. Cette fois je repars mais avec un vélo allégé. Je le soulève aisément mais en même temps j'heurte une sacoche restée à terre qui commence lentement à rouler. J'hurle pour qu'elle s'arrête car je sais que plus bas, l'eau est prête à l'accueillir. Et au fait une sacoche: ça flotte ou ça coule ?? Pas le temps de me poser cette question, je me dépéche de reposer  le vélo avec précision pour que le reste de mes bagages ne prennent pas la direction du ravin puis je cours. La sacoche va plonger dans le vide et c'est dans un instant magique que je dérape et tombe sur le coté, les bras bien tendus et les mains ouvertes, saisissant ma sacoche en plein vol. Le juste moment. 1 seconde de plus aurait été de trop. Je réalise mon geste mais suis encore paniqué par ce qui m'est arrivé. Je me relève, couvert de terre, le côté droit éraflé. J'embrasse ma sacoche ! Je décide de faire demi-tour. Je retrouve mes grimpeurs autrichiens, roule 20 km dans l'autre sens, traverse un pont et récupère la piste cyclable dans l'autre sens. J'atteindrais un camping vers 19h, fatigué d'avoir tant donné et heureux de retrouver mon duvet...

J'ai continué ainsi jusqu'à Passau puis j'ai pris une autre piste cyclable qui suit l'Inn et le Salzach. J'ai traversé Salzburg et je me suis fais une petite visite nocturne. J'ai suivi l'itinéraire cyclable jusqu'aux Alpes et mon premier col. Je suis parti du camping, les jambes prêtent à affronter un très haut col. Départ de 700m pour atteindre les 2400m. La météo est grise, pluvieuse par moment. Je passe le péage pour les voitures qui souhaitent emprunter l'itinéraire et soudain la route se redresse. Elle restera ainsi pendant 25km. 12% d'effort, de sueur, de détresse. Seuls les virages me permettent de souffler un peu. Je me demande vraiment ce que je fais là. Ma folie a atteint un niveau que je ne connaissais pas. J'atteint les 2000m et continue à décompter les virages. Par moment je n'avance presque plus. Je pense même que j'irai plus vite à pied. Qu'importe, je pédale tant que j'ai de l'énergie. Je suis en tee shirt, trempé mais je fume de chaleur. Je vois les derniers virages et le mémorial d'arrivé. Je me traine jusqu'au sommet lamentablement. En haut, une fine pellicule neigeuse commence à recouvrir mon vélo. Je suis assis sur un banc, le regard vide, les bras nus. Je ne sens ni le froid, ni le chaud, je ne souffre plus. Je ne sens plus rien. Je rêve un moment puis m'habille en vitesse. Photo souvenir en haut du Glossglockner. Puis j'entame la descente. Je m'arrête dans un virage, à l'abri du vent, frigorifié. Je sors mon réchaud, boit du thé pour me réchauffer et mange pour retrouver des forces. Je repars. La descente s'éternise, je n'en vois plus la fin. Je retrouve la chaleur des fond de vallée et peux enfin enlever mes couches de vetements. Un dernier col pour terminer et plonger sur Lienz dans le Tirol, avec une vue incroyable sur les Dolomites italiennes. Je crie ma joie dans cette descente, atteint la ville et dors le regard perdu dans les parois vertigineuses.

 

Depuis 3 jours, j'ai atteint l'Italie et les Dolomites qui me font rêver depuis bientôt 1 mois. J'entame mon premier face à face avec le massif en me trainant sur une route à 14%, atteignant le pied des Tre Cime De Lavaredo. Une fois en haut, je crie mon bonheur et ma douleur. Tout est si beau, pur. C'est magnifique, encore plus que tout ce que j'avais imaginé. Je redescend et passe mon premier col italien: il passo de tre Croci. J'atteint Cortina d'Ampezzo et m'installe pour dormir. La nuit est froide, ma montre m'annonce 4°c. Au matin, une partie de ma tente a gelé mais j'ai très bien dormi. Je m'aperçois que ma roue est à plat. Je change la chambre à air et un peu après recommence et change le pneu qui aura fait son temps. Deuxième crevaison en 11 000km et premier pneu changé. Schwalbe c'est vraiment top !! Je repars finalement vers les 10h direction il passo di Falzarego puis j'enchaine sur le passo Pordoi. Il est 17h, je suis claqué. Je m'arrête dormir dans une petite auberge et me restaure avec des pizzas. Viva l'Italia !

 

Le lendemain, je repars, frais et prêt à aligner les kilomètres. Je passe le passo di Costalunga puis une descente impressionnante m'annène jusqu'à Bolzano. Je continue ma route, traverse Merano et m'enfonce dans la vallée du Tirol. Une superbe piste  cyclable à travers les vergers m'ammène jusqu'à la ville de Prad, au pied du grandiose passo del Stelvio. Aujourd'hui, je me repose et demain j'irai  affronter les 40 virages du Stelvio et atteindre la Suisse!

 

 

Mon prochain post devrait être écrit en France, au chaud, au sec, confortablement installé. Plus que quelques cols et quelques jours avant de retrouver la frontière française.

 

Le bout du voyage approche mais l'aventure ne sera jamais finie... 

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24 septembre 2009

Un retour déroutant

Après ma traversée nocturne en ferry de la mer Baltique, j'ai atteint les côtes de Pologne. Fraichement arrivé à 7h ce dimanche, les rues sont vides et une grande partie des gens dort encore.  je m'engage comme un furieux hors du ferry et sur les routes polonaises la tête encore dans l'oreiller. Je m'arrête quelques kilomètres après pour déjeuner et fait la rencontre de deux polonais. Premier contact très sympa malgrés nos difficultés pour communiquer. Les heures défilent et je roule en direction du Sud, un peu dérouté par ces nouvelles routes qui sont bosselées et présentent de temps à autre de nombreux trous. Je traverse des villages où les poulaillers se trouvent en pleine rue. Chaque petit village a son épicerie avec une partie alimentation et une partie alcool. Je respire les alléchantes odeurs de cuisine qui s'étendent autour des habitations. J'entrerais bien manger un morceau !

Vers 12h, le temps se gatte et les premières gouttes s'éclatent au sol formant, après quelques minutes, une véritable rigole sur le côté de la route, lorsque celle-ci sont cabossées. Je cherche mon chemin, les yeuux rivés sur les panneaux et,comme à mon habitude en Suède, ne fait pas garde aux flaques d'eau et passe de temps en temps généreusement dedans. Cependant, les pays nordiques sont terminés et j'expérimente à présent les flaques polonaises qui plongent à plusieurs dizaine de centimètre ma roue, manquant de me faire tomber. Heuresement le vélo n'a rien. Ce sera pris comme un avertissement. Je m'arrête sous un abris bus pour manger un morceau pendant que la pluie ne cesse de tomber. Je finis par atteindre une ville où je trouve un logement pas très cher. Mes 3 phrases en polonais ne m'aident pas du tout et je finis par faire un dessin pour me faire comprendre avec la receptionniste. La pluie cesse une fois installé dans ma chambre !

Le lendemain, je reprends la route. Nous sommes lundi et aujourd'hui les gens retournent travailler. Je comprends vite les mises en garde concernant la conduite des polonais. Ils sont sans cesse pied au plancher et foncent comme des fous. A plusieurs reprises, le fossé n'est pas bien loin lorsqu'une voiture double en face de moi. Face à face avec 2 voitures de front, c'est destabilisant... Mon rétro m'aura aussi bien aidé à me décaler lorsque je sens et voit le danger. J'ai finalement décidé de retourner en Allemagne pour me sentir plus en sécurité sur les routes. Dommage car les gens étaient très agréables.

J'atteint Dresden, ville de l'Est de l'Allemagne  où je retrouve une amie cycliste que j'ai croisé sur les îles Vesteralen (Norvège) en juillet. C'est très sympa de se retrouver ici. Je reste 2 jours  pour me reposer et visiter la ville. Samedi, nous partons randonner dans le magnifique parc national de la Suisse Saxonne. Ici, de magnifiques falaises dont le rocher est composé de sable s'élèvent comme des champignons. L'escalade y est aussi très présente mais  avec une approche bien particulière. Interdiction d'utiliser de la féraille. Seuls quelques pitons plantés (dans le sable !) servent de protection et la technique pour progresser consiste à coincer des sangles dans les aspérités du rocher... C'est une forme de sécurité que je ne connaissais pas... La magnésie y est aussi interdite et grimper lorsqu'il pleut est défendu car le rocher s'érode plus vite. C'est une escalade très spéciale et particulièrement engagée.

 

J'ai continué ma route vers le Rep. Tchèque que j'ai atteint le dimanche. J'ai découvert Prague, la capitale, lundi. Hébergé, je me repose et visite cette superbe ville. Je retrouve avec dépit les grappes de touristes (même en cette saison!) qui envahissent littéralement les ruelles. Malgrés cela, l'atmosphère y est très agréale et l'architecture est incroyable. Prague mérite largement le détour. Je suis malgrés tout un peu dérouté par cette ville qui contraste fortement avec les capitales scandinaves. J'avais pris des marques dans les pays du nord, sans le vouloir, et me voilà de temps en temps surpris et étonné par cette ville. Mais c'est un plaisir de découvrir à nouveau et d'éffacer toutes ces habitudes que l'on prend.

Je compte repartir demain (25 septembre) vers l'Autriche et peut être Vienne.  Je commence à sentir l'odeur de la France et je retrouve quelques produit français dans les supermarchés. C'est ainsi que j'ai retrouvé mes bon pains au chocolots qui m'ont manqué pendant plusieurs mois ! Je me rattrape désormais... MIAM !

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